C’est avec la sortie en DVD que j’ai enfin pu voir ce remake d’un de mes classique incontesté du cinéma d’horreur : Evil Dead.
J’avais assez peur j’avoue. La mode est au remake du pauvre, où différentes figures de l’horreur se voient rabaissées au rang de nanard idiots qui prouvent que ceux qui les ont repris n’y avaient rien compris (“Les Griffes de la Nuit” par exemple ?). Heureusement, quelques contre-exemples sont venus contredire cette règles, à l’image du récent “Massacre à la Tronçonneuse” ou “La Colline à des Yeux”.
Ici, nous sommes à moitié rassurés : Sam Raimi, Bruce Campbell et Robert Tapert sont à la productions et le réalisateur Fede Alvarez (inconnu au bataillon excepté pour un court-métrage très bien foutu : attaque de Panique !) a le champs libre pour donner sa propre interprétation de l’oeuvre.
Et il ne s’en prive pas.
Un groupe d’amis se retrouve dans une vieille cabane pour aider l’une des leur, Mia, à décrocher “à la dure” de la drogue. Parmi les personne présentes, le frère de l’intéressée, venu renouer des liens familiaux effilochés.
La découverte d’un vieux livre scellé dans la cave va bien entendu bouleverser les plans de ces jeunes gens...
Bon, la première chose à savoir est qu’il s’agit ici plutôt d’un film hommage que d’un réel reboot. A priori, il ne devrait pas y avoir de suite (la scène post-générique évoquant d’ailleurs un probable Evil Dead 4 avec Bruce Campbell). Alvarez livre ici son propre Evil Dead, pour le XXIème siècle, l’original ayant forcément un peu vieilli pour effrayer efficacement la jeune génération. Et c’est le premier bon point de ce film : il s’agit d’un véritable film d’horreur gore à l’ancienne. L'affiche est toutefois un peu trompeuse sur le "Film le plus terrifiant". Mais il est efficace, c'est certain ! Peu (voire pas) d’effets numériques, des maquillages, une caméra habillement placée et beaucoup, beaucoup de sang et de souffrance.
Oubliez le Torture Porn dégueulasse qui fait fureur depuis quelques années, il est question ici de violence, de sang et d’auto-mutilation désespérée. En ceci, cette nouvelle mouture respecte au moins le matérieu d’origine et cela fait plaisir à voir. Les références à la trilogie originale sont légions, comme le collier que David offre à sa soeur (presque identique à celui qu’offre Ash à sa petite amie), la carcasse de la voiture du héros de la trilogie originale, le carnet de dessin, etc... il est même amusant de les dénombrer au fil du visionnage. Heureusement, tous ses éléments fonctionnent seuls, sans leurs référentiels inhérent. D’autres sont été habillement détournés, comme le fait que le Livre des Morts soit résistant au feu (alors que c’est le fait de le brûler qui sauve le héros provisoirement dans le premier opus). Les acteurs sont des inconnus, pourtant leurs prestations s’avèrent efficace et cohérente, avec en plus un petit revirement final pas désagréable. Entre hommage et réécriture propre, Evil Dead 2013 n’est miraculeusement pas une déception, il s’agit d’un film efficace qui redonne au gore quelques lettres de noblesses.
L’idée de l'addiction à la drogue est un excellent prétexte pour mettre le comportement de Mia sur le compte de son seuvrage, et justifier que le groupe reste tout de même sur place.
Car si Evil Dead premier du nom avait redéfini un genre cinématographique, cette cuvée 2013 en est tout de même loin.
Quelques clichés malheureux subsistent tout de même, de ceux qu’on aurait aimé ne plus voir en 2013. Quand il est indiqué en lettre de sang dans un vieux livre morbide “NE PAS LIRE NE PAS PRONONCER !”, on évite si possible de le faire... on évite aussi d’envoyer sa petite copine seule dans la maison chercher de quoi faire un bandage quand la moitié de ses amis se sont fait trucider de façon abominable...
Le film se veut aussi un peu trop explicite sur certains points, il cherche à mettre un peu de logique dans la démence originale. Les démons de Evil Dead se contentaient de posséder et de tuer leurs victimes de façon cruelle et douloureuse. Ici, les possessions et les mutilations sont le résultat d’une sorte de rituel ayant un but assez précis. Cela gâche quelque peu le mystère, vu que nous nous doutons alors de ce que nous allons voir. Certains passages clés sont heureusement présents, comme le viol de l’héroïne par la forêt, l’amputation du bras. Le tout manque par contre cruellement de second degré. Tout est extrêmement sérieux. Bien entendu, on ne s’attendait pas à une dose d’humour vu le sujet, mais au-delà de la violence, il manque un certain côté grotesque malsain qui tranche avec l’ambiance générale. On se souvient de la petite amie de Ash assise en tailleur dans l’embrasure de la porte de sa chambre, les yeux blancs exorbités et un sourire jusqu’aux oreilles. Ici les possessions rappellent inévitablement “L’Exorciste” avec les yeux jaunes et les tendances à la mutilation masochiste.
Au niveau souffrance et sang, le contrat est bien rempli. L’absence de numérique renforce la puissance de la douleur et les maquillages sont extrêmement convainquant (voici un film qui vieillira bien, si l’on y ajoute l’absence de référent technologique : pas de téléphone, réseau sociaux, etc...). Le film ne fait pas de cadeau, tout le pire y est montré, mais paradoxalement sans surenchère, malgré beaucoup, beaucoup de sang !
Au final, bien que j’étais très sceptique jusqu’à l’apparition du titre du film sur mon écran (le prologue n’est pas représentatif du film, heureusement), je suis ressorti de Evil Dead plutôt satisfait ! La relation entre Mia et David est renforcée par leur histoire commune, qui impactera tout le déroulement du film, les images sont superbes, et le film ne peut souffrir de la comparaison avec son aîné, du fait de son interprétation propre.
Néanmoins, on attend avec impatience Army of Darkness 2 !
Groovy !
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