Brothers : A Tale of Two Sons (PS3) - Test

 Les soldes de janvier sur le Playstation Network m’ont incité à passer à la caisse pour deux titres que je lorgnais depuis un moment : Puppeteer et Brothers : A Tale of Two Sons. La démo de ce dernier ne m’avait pourtant pas emballé, mais les différents retours de joueurs m’ont fait sauter le pas.

Dans un monde typé médiéval, un jeune garçon prie devant la tombe de sa mère, morte noyée devant ses yeux quelques temps avant. Le garçonnet a d’ailleurs depuis développé une phobie de l’eau. Un appel alarmiste de son grand frère le renvoie à la réalité :  leur père se sent très mal et il faut d’urgence l’emmener chez un médecin.

L’occasion donc de tâter du gameplay atypique. En effet, chacun des frère se dirige avec un stick analogique, le grand avec le gauche, le petit avec le droit. Une unique touche d’action est attribuée à chacun, rendant le jeu très simple à prendre en main. Votre première tâche est donc de porter leur père chez un soigneur, et de se rendre compte que cette direction asymétrique n’est pas des plus simple à gérer pour notre cerveau, nos mains devant constamment faire deux choses différentes de façon synchronisées, et nos yeux suivre et gérer les actions de deux protagonistes. Une prise en main un peu gênante de prime abord, mais qui se révèle bien pensée au final, surtout que les enfants ont des capacités différentes et complémentaires. Ainsi, le plus jeune pourra se faufiler facilement dans des endroits étroits tandis que son grand frère sera capable d’actionner des mécanismes que la force limitée du petit frère lui interdit.

Je disais plus haut que la démo - se déroulant juste après le prologue - ne m’avait pas plus emballé que ça. La visite d’un village médiéval classique, où chaque frère interagi différemment avec les habitants, ne proposait rien de très original, même si il fallait noter l’ambiance onirique qui s’en dégageait.

Ambiance renforcée par le fait que le dialecte parlé par les habitants est incompréhensible pour le joueur. Les deux frères doivent ainsi progresser de concert, débloquant des routes et des passages en s’entraidant à la recherche d’un remède mystérieux pour sauver la vie de leur père.

Rapidement, on commence à ressentir une certaine empathie pour ces garçons, le fait de les voir se soutenir mutuellement, de voir le grand aider le petit à traverser les étendues d’eau qui le terrifient, ou l’un faire diversion pendant que l’autre se faufile accentue le sentiment de fraternité et l’affection qu’on leur porte.

Peu à peu, le voyage se transforme en odyssée fantastique, les frères traversant d’abord des mines occupées par des gobelins belliqueux avant de contourner des montagnes et atteindre un pays où les cadavres de géants éparpillés témoignent d’affrontements dantesques passés. En guise d’invitation à la rêverie, la route propose de nombreux bancs sur lesquels vous asseoir juste pour profiter d’un moment de relaxation en face d’un magnifique décor, et je vous conseille réellement de vous y arrêter.

Le voyage est également agrémenté de plusieurs détails anecdotiques facultatifs mais renforçant le plaisir de la découverte pour ceux qui aiment sortir du chemin tracé, d’abord totalement anodins, puis progressivement plus dramatiques, à l’image de ce paysan tentant de mettre fin à ses jours ou des secrets que cachent des cascades de sang de sacrifiés, ou ce village piégé dans la glace.

Chaque nouveau chapitre est une nouvelle découverte et un petit émerveillement. Véritable conte ancien, l’aventure contient ses moments de joie, mais également d’effroi et de malheur dans des proportions alchimiques maîtrisées, faisant que l’on dévore le titre d’une traite.

Malheureusement, si le voyage est riche, il paraît bien court tant on regrette de voir défiler le générique de fin. On voudrait en savoir plus sur l’univers, les événements traversés, mais cela appartient aux mystères de votre imagination. Chacun se construira sa propre interprétation du monde de Brothers, mais aucun ne regrettera le voyage entrepris. Si j’ai un conseil en ce morne mois de janvier, c’est de foncer vous procurer Brothers : A Tale of Two Sons sur votre machine préférée pour prolonger encore un peu la magie ambiante des fêtes de fin d’année.

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